21 août 2015

Jn 1,35-51: Traduction et notes





TRADUCTION


1,35-51 : Les premiers disciples de Jésus 

1,35-42 : le 2e « lendemain »

35 Le lendemain, [1] de nouveau, Jean se tenait là avec deux de ses disciples. 36 Fixant son regard sur [2] Jésus en train de marcher, il dit : « Voici l’agneau de Dieu. » 37 Les deux disciples l’entendirent parler et suivirent Jésus. 38 Jésus se retournant et les voyant suivre, leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui dirent : « Rabbi – ce qui se dit, étant traduit [3] : Maître –, où demeures-tu ? » 39 Il leur dit : « Venez et vous verrez. » [4] Ils vinrent donc et virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là ; c’était environ la dixième heure. [5]

40 André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux qui avaient écouté Jean et qui l’avaient suivi. 41 Celui-ci trouve d’abord [6] son propre frère Simon et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – c’est-à-dire, étant traduit : Christ –. 42 Il l’amena à Jésus. Fixant son regard sur lui, Jésus dit : « Toi, tu es Simon, le fils de Jean, [7] toi, tu seras appelé Céphas » – ce qui signifie : Pierre –.

1,43-51 : le 3e « lendemain »

43 Le lendemain, il voulut partir [8] pour la Galilée, et il trouve Philippe. Jésus lui dit : « Suis-moi. » 44 Philippe était de Bethsaïde, la ville d’André et de Pierre.

45 Philippe trouve Nathanaël et lui dit : « Celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les prophètes, nous l’avons trouvé : C’est Jésus, fils de Joseph, [9] celui de Nazareth. » 46 Et Nathanaël lui dit : « De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? » Philippe lui dit : « Viens et vois. »

47 Jésus vit Nathanaël venant à lui et il dit à son sujet : « Voici vraiment un Israélite en qui il n’y a pas de ruse. » [10] 48 Nathanaël lui dit : « D’où me connais-tu ? » Jésus lui répondit et lui dit : « Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. » 49 Nathanaël lui répondit : « Rabbi, toi, tu es le Fils de Dieu, toi, tu es le roi d’Israël. »

50 Jésus lui répondit et lui dit : « Parce que je t’ai dit que je t’ai vu sous le figuier, tu crois ? Tu verras de plus grandes choses que cela. » 51 Et il lui dit : « Amen, amen, [11] je vous dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme. » [12]


NOTES

[1] 1,35a : « Le lendemain ». Trois occurrences de ce terme en Jn 1,19-51 (1,29.35.43) sont les marques de la division du texte. Elles montrent l’évolution du récit en quatre unités littéraires. Cependant ce terme ne permet pas de considérer que le récit se déroule dans des journées successives. En effet, l’unité textuelle du 2e « lendemain » (1,35-42) peut compter au moins deux jours. En 1,39b, le narrateur raconte que les deux disciples de Jean « demeurèrent auprès de lui [Jésus] ce jour-là ; c’était environ la dixième heure » (1,39b). C’est à partir du lendemain de cette rencontre qu’André a trouvé son frère Simon (1,40). En tenant compte des données du texte, nous préférons dire « le 1er lendemain », « le 2e lendemain », au lieu de « le 1er jour », « le 2e jour »…

[2] 1,36a : « Fixant son regard sur ». Nous utilisons cette expression en 1,36.42 pour traduire le verbe « emblepô » au participe : « emblepsas » + datif. Ce verbe n’apparaît que 2 fois dans Jean (1,36.42) et exprime un regard attentif avec une plus grande intensité. Cette manière de « regarder » diffère du verbe « blepô » (voir) en 1,29a : « Le lendemain, il [Jean] voit (blepei) Jésus venant vers lui ». Le  participe « emblepsas » en 1,36.42 peut se traduire simplement par « regardant » comme dans certaines traductions : Osty, 1973 ; BiJer, 2000…

[3] 1,38c : « Ce qui se dit, étant traduit ». Il y a deux verbes grecs : (1) « ho legetai » est le verbe « dire » au passif : « ce qui se dit », (2) « methermèneuomenon » est le verbe « traduire » au passif du participe présent : « étant traduit ».

[4] 1,39a : « Venez et vous verrez (erchesthe kai opsesthe). » Le premier verbe « venir » est au présent de l’impératif « erchesthe » (venez). Le deuxième verbe « voir » est au futur de l’indicatif « opsesthe » (vous verrez), attesté dans les mss P5vid.66.75 B C* L Ws Ψc 083 f1 33. La variante du verbe « voir » au présent de l’impératif « idete » (voyez), attestée dans les mss א* A C3 K N P Γ Δ Θ f13 pourrait être secondaire.

[5] 1,39d : « Dixième heure » correspond à 16 heures.

[6] 1,41a : « D’abord (prôton) » est l’une des trois variantes :
(a) « prôton » (d’abord) est attesté dans les mss P66.75 א2 A B Θ Ψ f1.13. Il signifie qu’après avoir été appelé, la première chose qu’André a faite est d’aller trouver son frère Simon-Pierre. Le problème est que le texte ne dit pas ce qu’André aurait fait « ensuite ». Nous choisissions cette variante parce qu’elle est mieux attestée.
(b) « prôtos » (le premier) est attesté dans mss a* K L Ws Γ Δ. Il « signifie soit qu’André a été le premier disciple de Jésus à lui avoir suscité un adhérent, soit qu’André est le premier qui rencontre son propre frère. » (Zumstein*, I, n. 68, 83).
(c) « prôi » signifie « au petit matin » ou « au lever du jour ». Cette variante, peu attestée (b e (j) rl sys), indique que la scène où André a trouvé son frère Simon (1,40-42) se déroule le lendemain de sa rencontre avec Jésus (1,37-39).

[7] 1,42c : « Simon, le fils de Jean (ho huios Iôannou) ». La variante « Iôannou » (de Jean) est attestée dans les mss P66.75.106 א B* L Ws 33, tandis que la variante « Iôna » attestée dans mss A B2 Γ Δ Ψ f1.13 doit être considérée comme une assimilation à Mt 16,17 : « Simôn Bariôna » (Simon fils de Jonas).

[8] 1,43a : « Il voulut partir ». Le texte ne précise pas qui a voulu partir en Galilée et qui a trouvé Philippe en 1,43. Certains auteurs considèrent que c’est André qui a voulu partir pour la Galilée (Dodd, la tradition historique, p. 390, n. 89 ; Léon-Dufour*, I, 192). Cependant, dans le contexte du récit, le nom de Jésus apparaît deux fois dans le verset précédent (1,42) et à la fin de 1,43. Le récit oblige donc à attribuer à Jésus le désir de partir et la rencontre avec Philippe (1,43).

[9] 1,45 : « fils de Joseph ». La leçon « houis » (fils) sans article est attestée dans mss P66.75.106 א B 33. Tandis que la leçon avec article « ton huion » (le fils), attestée dans mss A K L (Ws) Γ Δ Θ Ψ f1.13 est probablement tardive.

[10] 1,47b : « En qui il n’y a pas de ruse (dolos) ». Cette expression peut être traduite par « sans ruse en lui » (Delebecque) ; « sans détour » (BiJer, Léon-Dufour*, I, 183) ; « dans lequel il n’y a point d’artifice » (Zumstein*, I, 83) ; « en qui il n’y a pas de fraude » (Calloud*, I, 31) ; « en qui n’est point déguisement » (Loisy*, 135).

[11] 1,51a : « Amen, amen ». Nous retenons le double « amen », translittéré du grec « amèn amèn » pour mettre en valeur l’originalité de la formule johannique (25 fois dans l’évangile de Jean) et la richesse du sens. Le double « amen » exprime trois aspects de la parole de Jésus : (1) L’autorité divine de Jésus en tant que révélateur ; (2) La parole qui suit est une révélation importante, exprimée de manière solennelle ; (3) C’est une parole de vérité.

[12] 1,51b : « Vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme. » Cette promesse évoque la vision de Jacob à Béthel en Gn 28,12. Le fils de l’homme se trouve à la place de l’échelle de Jacob, il devient le lieu où Dieu se manifeste et communique aux hommes.

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