13 mars 2014

Satan (Satanas), le diable (diabolos), le démon (daimonion) et le Mauvais (ponêros) dans la Bible



Article en vietnamien:

Email: josleminhthong@gmail.com
Le 13 Mars 2014.

Contenu

Introduction
I. Satan et le diable
   1. Satan dans l’AT et les écrits intertestamentaires
      a) Satan dans le monde d’en bas
      b) Satan dans le monde céleste
         b.1) La fonction légitime de satan
         b.2) Satan met l’homme à l’épreuve
         b.3) Satan a fait entrer la mort dans le monde
      c) Le terme “satan” est traduit en grec par “le diable”  
   2. Satan dans le NT
II. Le démon et l’esprit impur
   1. Le démon dans l’AT et les écrits intertestamentaires
   2. Le démon et l’esprit impur dans le NT
III. Le Mauvais et les esprits mauvais dans le NT
   1. Le Mauvais et Satan
   2. Les esprits mauvais et les démons
   3. Les œuvres mauvaises
Conclusion


Introduction

Nous abordons dans cet article les termes suivants: Satan (Satanas), diable (diabolos), démon (daimonion), le Mauvais (ponêros) dans l’Ancien Testament (AT), dans les écrits intertestamentaires et dans le Nouveau Testament (NT) en trois temps: (I) Satan et le diable. (II) Le démon et l’esprit impur. (III) Le Mauvais et les esprits mauvais dans le NT. Cet article n’est qu’un aperçu général de ce grand thème de la Bible.

I. Satan et le diable

Satan est un terme hébreu transcrit en grec par “satan” ou “satanas”. Cette partie présentera deux points: (1) Satan dans l’AT et dans les écrits intertestamentaires et (2) Satan dans le NT.

   1. Satan dans l’AT et les écrits intertestamentaires

Dans l’AT, le sens du terme “satan” évolue en deux étapes: (a) Satan est un humain dans le monde d’en bas. (b) Satan est un ange dans le monde céleste. Nous notons en (c) que le terme hébreu “satan” est traduit en grec par “le diable” dans la Septante (LXX). Elle est la traduction grecque de la Bible hébraïque.

      a) Satan dans le monde d’en bas

Dans l’AT, satan désigne l’adversaire entre les humains. Par exemple, David dit à Abishaï fils de Çeruya qu’il le considérait comme l’adversaire (satan) en 2S 19,23: “Qu’ai-je à faire avec vous, fils de Çeruya, pour que vous deveniez aujourd’hui mes adversaires (satan)? Quelqu’un pourrait-il aujourd’hui être mis à mort en Israël? N’ai-je pas l’assurance qu’aujourd’hui je suis roi sur Israël?” (Les citations sont prises dans la Bible de Jérusalem). En 1R 11,25, le terme satan est apliqué au roi de Syrie qui est l’adversaire du roi Salomon: “Voici le mal que fit Hadad: il eut Israël en aversion et il régna sur Édom. Il fut un adversaire (satan) d’Israël pendant toute la vie de Salomon.” Voir les autres usages du terme “satan” dans ce sens en 1S 29,4; 1R 11,14.23.

Dans le Psaume 109(108), il existe trois fois le verbe “accuser” (en hébreu: satan) en Ps 109,4.20.29 et une fois le nom “accusateur” (en hébreu: satan) en Ps 109,6. L’auteur dit dans le Ps 109,6-7: “6 Suscite contre lui le méchant, que se dresse à sa droite l’accusateur (satan); 7 du jugement qu’il sorte coupable, que sa prière soit tenue pour péché!” Le verbe “accuser” (satan) se trouve dans le Ps 109,29: “Qu’ils soient vêtus d’infamie, ceux qui m’accusent, enveloppés de leur honte comme d’un manteau!” (Voir l’usage du verbe “accuser” (satan) dans le Ps 38(37),21).

Ainsi, le terme “satan” est un nom commun qui désigne soit l’adversaire de quelqu’un, soit un accusateur humain au tribunal. À ce stade, “satan” est un homme parmi d’autres. Cette réalité dans le monde d’en bas est utilisée pour décrire les réalités du monde céleste. “Satan” est donc un ange (aggelos) dans le monde d’en haut.

      b) Satan dans le monde céleste

Satan désigne un ange qui a une fonction précise dans le monde céleste. Le personnage “satan” évolue en trois temps: (b.1) La fonction légitime de satan dans le tribunal céleste, (b.2) Satan est celui qui met l’homme à l’épreuve, (b.3) Satan a fait entrer la mort dans le monde, il devient un ange rebelle contre Dieu.

         b.1) La fonction légitime de satan

Satan est un accusateur surnaturel. Cette fonction de satan est racontée dans le livre du prophète Zacharie en 3,1-5: “1 Il [Yahvé] me fit voir Josué, le grand prêtre, qui se tenait devant l’ange de Yahvé, tandis que le Satan était debout à sa droite pour l’accuser. 2 L’ange de Yahvé dit au Satan: Que Yahvé te réprime, Satan; que Yahvé te réprime, lui qui a fait choix de Jérusalem. Celui-ci n’est-il pas un tison tiré du feu? 3 Or Josué était vêtu d’habits sales lorsqu’il se tenait devant l’ange. 4 Prenant la parole, celui-ci parla en ces termes à ceux qui se tenaient devant lui: Enlevez-lui ses habits sales et revêtez-le d’habits somptueux; et lui dit: Vois, j’ai enlevé de dessus toi ton iniquité. 5a mettez sur sa tête une tiare propre. On mit sur sa tête une tiare propre et on le revêtit d’habits propres.”

Dans ce texte, Satan est un accusateur public devant le tribunal divin (Za 3,1). Quant au rôle de l’avocat qui défend l’accusé (le grand prêtre Josué) c’est l’ange de Yahvé (Za 3,2). Bien que l’accusation de Satan soit déboutée par l’ange de Yahvé (3,2a), mais à ce stade, Satan possède encore une fonction légitime dans le tribunal céleste. Il est un ange, une créature du monde d’en haut qui joue le rôle d’un accusateur public au tribunal divin.

Dans les Pseudégraphes de l’AT, le terme “satan” est au pluriel “les satans” en I Hénoch XL,7: “La quatrième voix (de l’ange Phanouël), je (Hénoch) l’ai entendue repousser les Satans et leur interdire d’approcher le Seigneur des Esprits pour calomnier les habitants de l’aride.” (Les citations des écrits intertestamentaires (les écrits qoumrâniens et les Pseudégraphes de l’AT) sont prises dans A. DUPONT-SOMMER; M. PHILONENKO, (dir.), La Bible, écrits intertestamentaires, (Bibliothèque de la Pléiade), Paris, Gallimard, 1987). Cette quatrième voix est la voix de l’ange Phanouël (I Hénoch XL,9d). Les trois autres voix en I Hénoch XL,4-6 sont les anges Michel, Raphaël et Gabriel (I Hénoch XL,9). Ces quatre voix sont entendues dans le cadre d’une vision d’Hénoch: “J’ai vu ensuite les milliers de milliers, les myriades de myriades, innombrables, incalculables, de ceux qui se tiennent devant le Seigneur des Esprits” (I Hénoch XL,1). Le terme “aride” à la fin du verset I Hénoch XL,7 désigne la terre.

Dans le verset I Hénoch XL,7, l’ange Phanouël repousse les satans. Pierre de Martin de Viviés explique: “Ici, le terme ‘satan’ est pris comme un nom commun que l’on peut mettre au pluriel et désigne bien la même fonction que le satan du livre de Zacharie ou de Job.” (Pierre de Martin de VIVIÉS, Apocalypses et cosmologie du salut, (Lectio Divina). Paris, Le Cerf, 2002, p. 119). À l’étape suivante, Satan est non seulement l’accusateur au tribunal divin mais il essaie de mettre l’homme d’en bas à l’épreuve, c’est le cas de Job.

         b.2) Satan met l’homme à l’épreuve

Satan est celui qui met l’homme à l’épreuve, il est le tentateur surnaturel pour faire tomber l’homme. Ce stade se présente au début du livre de Job. Lorsque Satan se présente devant Yahvé, ce dernier dit à Satan: “As-tu remarqué mon serviteur Job? Il n’a point son pareil sur la terre: c’est un homme intègre et droit, qui craint Dieu et s’écarte du mal!” (Jb 1,8). Le Satan réplique à Yahvé en Jb 1,9b-11: “9b Est-ce pour rien que Job craint Dieu? 10 Ne l’as-tu pas entouré d’une haie, ainsi que sa maison et tout ce qu’il possède alentour? Tu as béni toutes ses entreprises, ses troupeaux pullulent dans le pays. 11 Mais étends la main et touche à tout ce qu’il possède; je gage qu’il te maudira en face!” Yahvé dit au Satan: “Soit! tout ce qu’il possède est en ton pouvoir. Évite seulement de porter la main sur lui” (Jb 1,12a).

La suite du récit raconte la vie de Job, celui-ci a traversé une épreuve extrême. Il n’a plus rien: ni famille, ni bien, ni santé. Dans son effroyable soufrance, il reste fidèle à Yahvé, Satan n’a pas réussi à le faire tomber. Par contre, Satan a réussi dans le cas de David, raconté en 1Ch 21,1.

         b.3) Satan a fait entrer la mort dans le monde

Satan est le tentateur qui incite l’homme à pécher. L’auteur du premier livre des Chroniques écrit en 1Ch 21,1: “Satan se dressa contre Israël et il incita David à dénombrer les Israélites.” Dans ce verset, le terme “satan” en hébreu n’a pas d’article, tandis qu’en Za 3,1-5 et Jb 1,1-12 ce terme possède un article. Ainsi, Satan en 1Ch 21,1 devient un nom propre. Satan est l’adversaire surnaturel d’Israël. Le verset 1Ch 21,1 attribue à Satan ce que le deuxième livre de Samuel (2S 24,1) attribue à “la colère de Yahvé” comme la cause première du dénombrement des Israélites dont voici le texte en 2S 24,1: “La colère de Yahvé s’enflamma encore contre les Israélites et il excita David contre eux: ‘Va, dit-il, fais le dénombrement d’Israël et de Juda.’” Il s’agit d’une théologie plus évoluée en 1Ch 21,1. Pierre de Martin de Viviés remarque: “Cette transformation révèle le premier souci du Chroniste: dégager le Seigneur de l’accusation d’induire en tentation David et de le pousser au péché. Au Seigneur se substitue la figure la plus commode pour décharger Dieu de cette responsabilité, à savoir satan.” (Pierre de Martin de VIVIÉS, Apocalypses et cosmologie du salut, 2002, p. 115).

Dans le livre de la Sagesse (Sg 2,23-24), Satan a fait entrer la mort dans le monde. C’est un pas décisif qui a fait de Satan un transgresseur de la loi divine, un ange déchu. L’auteur du livre de la Sagesse écrit en 2,23-24: “23 Oui, Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité, il en a fait une image de sa propre nature; 24 c’est par l’envie du diable (diabolou) que la mort est entrée dans le monde ils en font l’expérience, ceux qui lui appartiennent!” Ici le terme grec “diabolos” (diable) désigne “satan” en hébreu, nous en parlerons plus tard. Le livre de la Sagesse est écrit en grec, daté vers le milieu du premier siècle avant notre ère, c’est donc le livre le plus récent de l’AT. En Sg 2,24, la fonction de Satan (diable) n’est plus celui d’accusateur du tribunal céleste au service de Dieu, mais il devient une créature angélique rebelle qui s’oppose au projet de Dieu en introduisant la mort dans le monde.

Les Pseudégraphes de l’AT désignent Satan sous un autre aspect. Par exemple, Satan est présenté comme le chef des anges rebelles en Martyre d’Isaïe II,2: “Massasé cessa de servir le Dieu de son père et servit Satan, ses anges et ses puissances.” Le Martyre d’Isaïe est une œuvre composite. Les parties tardives datent de l’ère chrétienne, le verset Martyre d’Isaïe II,2 est attribuable à la rédaction chrétienne. (Cf. La note de ce verset dans A. DUPONT-SOMMER; M. PHILONENKO, (dir.), La Bible, écrits intertestamentaires, 1987, p. 1026).

Satan dans les écrits intertestamentaires porte encore d’autres noms: Bélial, l’Ange d’hostilité en 1QM XIII,11 (1QM: Règlement de la Guerre), CD XVI,5 (CD: Document de Damas), l’Ange des ténèbres en 1QS III,20-21 (1QS: Règle de la Communauté), Mastéma en Jubilés X,8-11; XI,5.11; XVII,16.

      c) Le terme “satan” est traduit en grec par “le diable”  

Le livre de la Sagesse n’est pas écrit en hébreu mais en grec. Le texte de Sg 2,23-24 cité plus haut utilise le terme “diabolos” (diable). Ce terme équivaut au terme “satan” dans la langue hébraïque, parce que la Septante (LXX) le traduit par “diabolos”.

Par exemple, le terme “satan” en 1R 11,14 dans le texte hébreu est transposé dans la Septante (LXX) par “satan”. Dans Ps 109(108),6: “Suscite contre lui le méchant, que se dresse à sa droite l’accusateur”, le terme “accusateur” est “satan” en hébreu, traduit dans la Septante (LXX) par “diabolos”. Il en est de même en Za 3,1-5; Jb 1,1-12; 1Ch 21,1. Ainsi la Septante traduit le terme “satan” par “diabolos” (diable), ces appellations désignent une seule identité.

En général le terme “diabolos” (le diable) dans le NT renvoie à Satan. Cependant, il existe un usage atténué. Dans la langue profane, le terme “diabolos” a le sens de médisant. Par exemple, Paul écrit dans l’Épître à Tite: “Que pareillement les femmes âgées aient le comportement qui sied à des saintes: ni médisantes (mê diabolous), ni adonnées au vin...” (Tt 2,3). (Voir le même sens du terme “diabolos” en 1Tm 3,11; 2Tm 3,3).

   2. Satan dans le NT

Le NT reflète la même ligne de pensée à propos de satan dans l’AT. Satan est le tentateur qui a éprouvé Jésus dans le désert (Mc 1,13; Mt 4,10). Le livre de l’Apocaplyse attribue à Satan plusieurs titres en Ap 12,9. La guerre dans le ciel se déroule en Ap 12,7-9: “7 Alors, il y eut une bataille dans le ciel: Michel et ses Anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta, avec ses Anges, 8 mais ils eurent le dessous et furent chassés du ciel. 9 On le jeta donc, l’énorme Dragon, l’antique Serpent, le Diable ou le Satan, comme on l’appelle, le séducteur du monde entier, on le jeta sur la terre et ses Anges furent jetés avec lui.” Ici Satan est le chef des anges rebelles. Dans la bataille entre “Michel et ses Anges” d’une part et “le Dragon et ses Anges” d’autre part, ces derniers ne sont pas les plus forts. Le Dragon et ses Anges sont défaits et chassés du ciel. Le Dragon dans le livre de l’Apocaplyse est identifié à “l’antique Serpent, le Diable ou le Satan, le séducteur du monde entier” (Ap 12,9b).

L’Évangile de Jean définit le diable en Jn 8,44. Jésus dit aux Juifs: “Vous êtes du diable, votre père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. Il était homicide dès le commencement et n’était pas établi dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui: quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, parce qu’il est menteur et père du mensonge.” Le diable devient le père des Juifs à la place de Dieu, parce qu’ils s’opposent à Jésus et cherchent à le faire mourir (8,37.40). En Jn 8,44, le diable possède quatre caractéristiques: (1) Il est le père des gens qui s’opposent à Jésus et le persécutent. (2) Il était homicide dès le commencement, (3) Il n’a pas de vérité en lui. (4) Il est menteur et père du mensonge. Si les Juifs en Jn 8,31-47 ont le diable pour père, le monde hostile en Jn 15,18–16,4a a le Prince de ce monde pour chef (Jn 12,31; 14,30; 16,11). Pour l’Évangile de Jean “le Prince de ce monde” est identifié au diable et à Satan. Voir l’analyse sur “Appartenir au Prince de ce monde et au diable” dans l’article: “Six caractéristiques ‘du monde hostile’ et ‘des adversaires de Jésus’ dans l’Évangile de Jean.”

Le terme “Satan” n’appparaît qu’une seule fois dans l’Évangile de Jean (Jn 13,27) en lien avec le diable (Jn 13,2). Dans le récit du lavement des pieds (Jn 13,1-20) et l’histoire de Judas (Jn 13,21-30), les deux versets de Jn 13,2.27 montrent le lien de Judas avec le diable et Satan. Le narrateur raconte en 13,2: “Au cours d’un repas, alors que déjà le diable avait mis au cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le livrer…” et en 13,27a: “Après la bouchée, alors Satan entra en lui [Juda].” D’abord le diable tente Judas pour que celui-ci livre Jésus (13,2), ensuite Satan entre en Judas (13,27a), et enfin Judas sort pour réaliser le désir de Satan en Jn 13,30: “Aussitôt la bouchée prise, il [Judas] sortit; il faisait nuit.

Dans les Évangiles, il y a deux personnages qui sont identifiés à Satan, à savoir Pierre et Judas. L’histoire de Pierre est racontée en Mc 8,31-33: “31 Et il [Jésus] commença de leur [les disciples] enseigner: ‘Le Fils de l’homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter; 32 et c’est ouvertement qu’il disait ces choses. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner. 33 Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, admonesta Pierre et dit: “Passe derrière moi, Satan! car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes!” En Jn 6,70, Jésus dit aux Douze: “N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les Douze? Et l’un d’entre vous est un diable (diabolos).” Le narrateur explique en Jn 6,71: “Il [Jésus] parlait de Judas, fils de Simon Iscariote; c’est lui en effet qui devait le livrer, lui, l’un des Douze.” Les deux cas sont liés à la Passion de Jésus, l’un (Pierre) propose à Jésus d’éviter cet événement, l’autre (Judas) anticipe cet événement en livrant Jésus. Ces deux disciples sont identifiés à Satan, au diable à cause de ses pensées (Pierre) et par ses actes (Judas).

En Lc 10,19, le terme “ennemi” (ekhthros) désigne Satan. Dans le récit de Luc en 10,1-16, d’abord, Jésus envoie soixante-douze disciples en mission (Lc 10,1-16), ensuite Luc raconte le résultat en Lc 10,17-20: “17 Les soixante-douze revinrent tout joyeux, disant: ‘Seigneur, même les démons (daimonia) nous sont soumis en ton nom!’ 18 Il leur dit: ‘Je voyais Satan (satanan) tomber du ciel comme l’éclair. 19 Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions, et toute la puissance de l’Ennemi (ekhthrou), et rien ne pourra vous nuire. 20 Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits (pneumata) vous sont soumis; mais réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux.’” Dans ce passage, Luc utilise les termes: “daimonia” (les démons), “satanan” (Satan), “ekhthros” (l’ennemi) et “pneumata” (les esprits). Selon le contexte, la phrase “les esprits (pneumata) vous sont soumis” (Lc 10,20b) renvoie à ce que les disciples disent à Jésus en Lc 10,17b: “Seigneur, même les démons (daimonia) nous sont soumis en ton nom!” Ainsi, les esprits (pneumata) en Lc 10,20b sont les démons en Lc 10,17b, les esprits mauvais, les esprits impurs. En Lc 10,19, “la puissance de l’Ennemi (ekhthrou)” désigne la puissance de Satan.

En Mt 13,39, le diable est identifié au Mauvais (ponêros) et à l’ennemi (ekhthros). Jésus explique aux disciples la parabole de l’ivraie dans le champ en Mt 13,37-39: “37 Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme; 38 le champ, c’est le monde; le bon grain, ce sont les sujets du Royaume; l’ivraie, ce sont les sujets du Mauvais (ponêrou); 39 l’ennemi (ekhthros) qui la sème, c’est le Diable (diabolos); la moisson, c’est la fin du monde; et les moissonneurs, ce sont les anges.” Ainsi, les Évangiles Synoptiques emploient le terme “ennemi” (ekhthros) dans le sens d’“adversaire” pour désigner Satan.

II. Le démon et l’esprit impur

“Le démon” est un terme grec (le nom: daimôn, l’adjectif:  daimonion). Selon la mythologie grecque, un démon est un être surnaturel, bon ou mauvais, inspirateur de la destinée d’un homme, d’une collectivité. Dans le sens courant, démon désigne l’ange déchu, révolté contre Dieu, dans lequel repose l’esprit du mal. L’usage de ce terme avec l’article “le démon” est identifié à Satan, prince des démons, le chef des anges révoltés contre Dieu. (Cf. L’article “démon” dans Le Petit Robert, 2001).

Dans la Bible, le nom masculin grec “daimôn” (démon) n’apparaît que deux fois en Is 66,11 (la Septante) et Mt 8,31. Toutes les autres références au démon dans la Bible en langue grecque utilisent l’adjectif “daimonion”, employé comme un nom au singulier (le démon) ou au pluriel (les démons). Dans cette partie, nous abordons deux sujets: (1) Le démon dans l’AT et dans les écrits intertestamentaires. (2) Le démon et l’esprit impur dans le NT.

   1. Le démon dans l’AT et les écrits intertestamentaires

Dans l’AT, la Septante (LXX) traduit plusieurs termes hébreux par “démon”. Par exemple, le terme hébreu “sed” est rendu dans la Septante par “démon” (Dt 32,17). Dans le Cantique de Moïse (Dt 32), ce dernier parle ainsi du peuple d’Israël: “Ils sacrifiaient à des démons (sedim) qui ne sont pas Dieu, à des dieux qu’ils ne connaissaient pas, à des nouveaux venus d’hier que leurs pères n’avaient pas redoutés” (Dt 32,17). Les démons (sedim) dans ce verset désignent généralement des génies protecteurs. Seulement plus tard, à l’époque talmudique (les explications et discussions rabbiniques de la Loi juive), le “sed” (démon) est devenu un faux dieu, un esprit malin, un esprit du mal, un mauvais. (Cf. L’article “démon” dans Dictionnaire encyclopédique de la Bible (DEB), Centre Informatique et Bible Abbaye de Maredsous, (dir.), (3è éd. rev. et aug.), Turnhout, Brepols, 2002.

Il y a d’autres termes hébreux qui sont traduits par “démon” ou “démons” dans la Septante, à savoir “Gad” (Is 65,11), “néant” (PS 96(95),5), “chats sauvages” ou autres animaux nocturnes (IS 34,14), “boucs” (Is 13,21), “Lilith” est un génie féminin néfaste (Is 34,14), dieu de la peste (Ha 3,5; Ps 91,6), Azazel (Lv 16,8.10.26). (Cf. DEB, 2002). Dans le livre de Tobit, il s’agit d’“Asmodée, le pire des démons” (Tb 3,8.17).

Dans les écrits qoumrâniens, les démons renvoient aux esprits du mal qui suivent Satan et le servent. Par exemple, les anges opposés à Dieu sont appelés “les anges de destructions” en 1QM XIII,11-12a: “11 Et Toi (le Prince de la lumière), tu as créé Bélial pour la Fosse, l’Ange d’hostilité et de reniement, [avec] son [plan] et avec son dessein, pour qu’on commît des impiétés et pour qu’on commît des fautes; et tous les esprits 12a de son lot sont des anges de destructions.” (Les lettres entre crochets [ ] sont reconstituées, elles manquent dans le manuscrit). Dans Pseudégraphes de l’AT, il existe un parallèle entre la figure de Mastéma et celle de Satan en Jubilés X,8.11. Les esprits servent le pouvoir de Mastéma sont appelés “les esprits mauvais” (Jubilés X,11), “les esprits pervers” (Jubilés XI,4).

   2. Le démon et l’esprit impur dans le NT

Dans les Évangiles Synoptiques, l’une des activités de Jésus est de chasser les démons. Prenons des exemples dans l’Évangile de Marc. L’auteur résume l’activité de Jésus en Mc 1,39: “Il [Jésus] s’en alla à travers toute la Galilée, prêchant dans leurs synagogues et chassant les démons (daimonia).” Jésus donne à ses disciples le pouvoir d’expulser les démons en Mc 3,14-15: “14 Il [Jésus] en institua Douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher, 15 avec pouvoir de chasser les démons (daimonia).” Les disciples l’ont fait en Mc 6,13: “Ils [les disciples] chassaient beaucoup de démons (daimonia) et faisaient des onctions d’huile à de nombreux infirmes et les guérissaient.”

En Mc 3,22, les scribes accusent Jésus de posséder Béelzéboul, le chef des démons. Ils disent en Mc 3,22b: “‘Il [Jésus] a Béelzéboul en lui’ et ‘C’est par le chef des démons qu’il chasse les démons.’” (Voir les textes parallèles: Mt 10,25; 12,24.27; Lc 11,15-19). En Mc 3,22b, Béelzéboul est le chef des démons, et en Mt 12,24; Lc 11,15, il est appelé “le prince des démons.” Jésus répond aux scribes en parlant de Satan dans une parabole en Mc 3,23b-26: “23b Comment Satan peut-il expulser Satan? 24 Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume-là ne peut subsister. 25 Et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison-là ne pourra se maintenir. 26 Or, si Satan s’est dressé contre lui-même et s’est divisé, il ne peut pas tenir, il est fini.” À la fin du passage Mc 3,23-29, le narrateur explique le blasphème contre l’Esprit Saint en Mc 3,30: “C’est qu’ils [les scribes] disaient: ‘Il [Jésus] est possédé d’un esprit impur (pneuma akatharton ekhei).’” Cette accusation renvoie à Mc 3,22b: “Il [Jésus] a Béelzéboul (Beelzeboul ekhei).” Dans l’Évangile de Jean, les adversaires de Jésus l’accusent de posséder un démon. Les Juifs disent à Jésus en Jn 8,48b: “N’avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain et que tu as un démon? (daimonion ekheis)” (Cf. Jn 7,20; 8,52; 10,20.21).

Les Évangiles Synoptiques comptent plusieurs récits d’expulsion d’esprits impurs. Par exemple, dans les récits parallèles d’exorcisme (Mc 1,21-28 // Lc 4,31-37), Marc parle d’“un esprit impur (pneuma akatharton)” (Mc 1,23.26) tandis que Luc parle d’“un esprit de démon impur (pneuma daimonion akathartou)” (Lc 4,33). En Ap 16,14, il s’agit “des esprits démoniaques (pneumata daimoniôn).” Ainsi, nous pouvons classer “les esprits impurs” du côté “des démons” tandis que Satan ou Béelzéboul est le chef des démons.

En résumé, le terme “démon” dans la Septante renvoie aux animaux, aux génies ou aux dieux qui ne sont pas le Dieu d’Israël. Dans la plupart des cas, le démon désigne une force surnaturelle qui nuit à la foi d’Israël en son Dieu. Dans le NT, les récits d’expulsion des démons et des esprits impurs vont ensemble. On peut dire que l’expression “l’esprit impur” est d’usage dans langue hébraïque, tandis que “le démon” est familier à la langue grecque.

III. Le Mauvais et les esprits mauvais dans le NT

Le terme grec “ponêros (mauvais)” est un adjectif qui a un sens courant: “mauvaise chose” ou “mauvaise personne”. Jésus dit dans son enseignement en Mt 7,17: “Ainsi tout arbre bon produit de bons fruits, tandis que l’arbre gâté produit de mauvais (ponêrous) fruits.” L’adjectif “ponêros (mauvais)” peut désigner des personnes comme dans la parabole du festin nuptial en Mt 22,1-10. Le narrateur raconte en Mt 22,10: “Ces serviteurs [du roi] s’en allèrent par les chemins, ramassèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais (ponêrous) comme les bons, et la salle de noces fut remplie de convives.”

Un autre usage de l’adjectif “ponêros (mauvais)” dans le NT, dans lequel ce terme possède un sens spécifique: le Mauvais est Satan. Dans cette partie nous traitons trois usages du terme “ponêros (mauvais)”: (1) Le Mauvais et Satan, (2) Les esprits mauvais et les démons, (3) Les œuvres mauvaises.

   1. Le Mauvais et Satan

Dans les Évangiles Synoptiques, il y a des termes qui sont considérés comme équivalents à “Satan”. Par exemple, dans l’explication de la parabole du semeur (Mc 4,13-20; Mt 13,18-23; Lc 8,11-15), les trois versets parallèles (Mc 4,13-20 // Mt 13,18-23 // Lc 8,11-15) montrent l’équivalence entre ces trois termes: Satan (satanas), le diable (diabolos) et le Mauvais (ponêros). Voici les textes:

+ Mc 4,15: “Ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée, sont ceux qui ne l’ont pas plus tôt entendue que Satan (satanas) arrive et enlève la Parole semée en eux.”
+ Mt 13,19: “Quelqu’un entend-il la Parole du Royaume sans la comprendre, arrive le Mauvais (ponêros) qui s’empare de ce qui a été semé dans le coeur de cet homme: tel est celui qui a été semé au bord du chemin.”
+ Lc 8:12: “Ceux qui sont au bord du chemin sont ceux qui ont entendu, puis vient le diable (diabolos) qui enlève la Parole de leur cœur, de peur qu’ils ne croient et soient sauvés.”

Ainsi, les trois termes: “Satan” (Mc 4,15), “le Mauvais” (Mt 13,19) et “le diable” (Lc 8,12) désignent la même identité. Les autres emplois du terme “mauvais (ponêros)” designant Satan se trouvent en Mt 5,37; 6,13. Jésus enseigne en Mt 5,37: “Que votre langage soit: ‘Oui? Oui’, ‘Non? Non’: ce qu’on dit de plus vient du Mauvais (ponêrou).” La prière “Notre Père” (Mt 6,9-13) se termine ainsi: “Et ne nous soumets pas à la tentation; mais délivre-nous du Mauvais (ponêrou)” (Mt 6,13).

L’Évangile de Jean utilise une seule fois le terme “mauvais” pour désigner Satan en 17,15. Jésus s’adresse à son Père: “Je ne te prie pas de les [les disciples] enlever du monde, mais de les garder du Mauvais (ponêrou)” (Jn 17,15). L’auteur de la première Épître de Jean dit plusieurs fois à sa communauté: “Vous avez vaincu le Mauvais (ponêron)” (1Jn 2,13.14). En 1Jn 5,18-19, l’auteur de cette Épître écrit: “18 Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche pas; l’Engendré de Dieu le garde et le Mauvais (ponêros) n’a pas prise sur lui. 19 Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde entier gît au pouvoir du Mauvais (ponêrôi).” Les citations ci-dessus montrent que dans certains contextes, l’usage de l’adjectif “mauvais (ponêros)” employé comme nom désigne Satan.

   2. Les esprits mauvais et les démons

Si le Mauvais est le diable, “les esprits impurs” sont identifiés aux “esprits mauvais”. Le narrateur rapporte ce que Jésus a fait en Lc 7,21: “À cette heure-là, il guérit beaucoup de gens affligés de maladies, d’infirmités, d’esprits mauvais (pneumatôn ponêrôn), et rendit la vue à beaucoup d’aveugles.” L’Évangile de Marc résume la mission de Jésus en 1,39: “Il [Jésus] s’en alla à travers toute la Galilée, prêchant dans leurs synagogues et chassant les démons (daimonia).” Les démons en Mc 1,39 sont en parallèle avec les esprits mauvais en Lc 7,21.

Le narrateur décrit la mission de Jésus avec les gens qui le suivent en Lc 8,1-2: “1 Et il advint ensuite qu’il [Jésus] cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui, 2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits mauvais (pneumatôn ponêrôn) et de maladies: Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons (daimonia)...” Dans les Actes des Apôtres, Paul expulse les esprits mauvais. L’auteur raconte en Ac 19,11-12: “11 Dieu opérait par les mains de Paul des miracles peu banals, 12 à tel point qu’il suffisait d’appliquer sur les malades des mouchoirs ou des linges qui avaient touché son corps: alors les maladies les quittaient et les esprits mauvais (ta pneumata ta ponêra) s’en allaient.” Ainsi les démons et les esprits mauvais désignent la même identité.

   3. Les œuvres mauvaises

Si le Mauvais et les esprits mauvais sont en parallèle avec Satan et les démons, “les œuvres mauvaises (erga ponêra)” peuvent être considérées comme les œuvres du diable. La première Épître de Jean lie “le Mauvais” et “les œuvres mauvaises” en 1Jn 3,11-12: “11 Car tel est le message que vous avez entendu dès le début: nous devons nous aimer les uns les autres, 12 loin d’imiter Caïn, qui, étant du Mauvais (ponêrou), égorgea son frère. Et pourquoi l’égorgea-t-il? Parce que ses œuvres étaient mauvaises (ta erga autou ponêra ên), tandis que celles de son frère étaient justes.”

L’Évangile de Jean utilise deux fois l’expression: “les œuvres mauvaises (erga ponêra)” (Jn 3,19; 7,7) pour présenter le refus de croire et la persécution. Jésus déclare en Jn 3,19: “Et tel est le jugement: la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises (ponêra ta erga).” En Jn 7,7 Jésus dit à ses frères: “Le monde ne peut pas vous haïr; mais moi, il me hait, parce que je témoigne que ses œuvres sont mauvaises (ta erga autou ponêra estin).” Dans l’Évangile de Jean les Juifs cherchent à tuer Jésus, c’est-à-dire ils sont en train de faire les œuvres du diable comme Jésus leur dit en Jn 8,41a et 8,44a: “Vous faites les œuvres de votre père” (8,41a); “Vous êtes du diable, votre père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir” (8,44a). Ainsi, “les œuvres mauvaises” dans ces citations possèdent un sens plus fort, ce sont les œuvres du Mauvais, du diable, de Satan. 

Conclusion

Nous avons abordé brièvement les termes: Satan (Satanas), diable (diabolos), démon (daimonion), le Mauvais (ponêros) dans la Bible. Ils peuvent être résumés ainsi:

SATAN est un terme hébreu à double usage en tant que nom commun mais aussi comme nom propre. Le sens du mot “satan” évolue selon trois étapes:
1) D’abord, satan désigne un adversaire entre les hommes (2S 19,23; 1R 11,25). Satan est un accusateur dans le monde d’en bas (Ps 109(108),6).
2) Ensuite, le terme “satan” est utilisé pour décrire les réalités dans le monde céleste. Satan est un ange ou une catégorie d’ange qui possède une fonction légitime dans le tribunal divin (Za 3,1-5). C’est la fonction d’un accusateur public devant la Cour céleste au service de Dieu.
3) Enfin, Satan est un ange rebelle qui s’oppose au projet de Dieu en introduisant le péché et la mort dans le monde (1Ch 21,1; Sg 2,23-24). Satan devient l’adversaire de l’homme, le tentateur, le séducteur pour faire tomber l’homme. Dans certains contextes, Satan possède un nom propre désignant ainsi le chef des anges rebelles (Ap 12,7-9).

LE DIABLE est un terme grec “diabolos”. La Septante traduit le terme “satan” en hébreu par le terme grec “diabolos” (diable). Ainsi, Satan et le diable désignent une seule identité. Il y a un usage atténué en 1Tm 3,11; 2Tm 3,3; Tt 2,3, dans lesquels le terme “diabolos” a le sens de “médisant.”

LE DÉMON est un terme grec (le nom: daimôn, l’adjectif:  daimonion). Le démon (avec l’article) est identifié à Satan, le  prince des démons. Dans l’AT, le démon peut désigner les dieux païens qui sont considérés comme des faux dieux. En général, le démon désigne une force surnaturelle qui peut posséder l’homme et le séparer de son véritable Dieu.

Il y a d’autres termes pour désigner Satan: L’ENNEMI (Lc 10,18-19; Mt 13,37-39), LE MAUVAIS (Mt 5,37; 6,13; 13,19; Jn 17,15; 1Jn 2,13.14), LE DRAGON, L’ANTIQUE SERPENT, LE SÉDUCTEUR (Ap 12,9), LE PRINCE DE CE MONDE (Jn 12,31; 14,30; 16,11). Dans les écrits intertestamentaires, les noms et les expressions désignant Satan sont Mastéma (Jubilés X,8-11; XI,5.11; XVII,16). Bélial, l’Ange d’hostilité (1QM XIII,11), l’Ange des ténèbres (1QS III,20-21).

LES DÉMONS ainsi que les autres expressions: LES ESPRITS IMPURS, LES ESPRITS MAUVAIS désignent des êtres  surnaturels, les anges déchus: ils suivent Satan et s’opposent à Dieu. L’une des missions de Jésus durant sa vie publique est de chasser les démons, d’expulser les esprits impurs, les esprits mauvais.

Comment faire pour que l’homme tienne ferme devant la tentation et la séduction de Satan? L’Évangile de Jean propose à tous les hommes un chemin à parcourir:
1- Se mettre du côté de Dieu pour écouter et comprendre les paroles de Jésus, parce qu’il dit aux Juifs: “Qui est de Dieu entend les paroles de Dieu; si vous n’entendez pas, c’est que vous n’êtes pas de Dieu” (Jn 8,47).
2- Accueillir et croire en Jésus, le Verbe qui s’est fait chair, pour devenir enfant de Dieu comme l’évangéliste l’affirme dans le Prologue: “À tous ceux qui l’ont accueilli [le Verbe], il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom” (Jn 1,12).
3- Croire en Jésus pour avoir la vie éternelle (Jn 6,40).
4- Faire la vérité et venir à la lumière qui est Jésus (Jn 3,21).
5- Demeurer dans la parole de Jésus pour devenir son vrai disciple (Jn 8,31).
6- Demeurer sur la vigne véritable qui est Jésus pour porter beaucoup de fruits (Jn 15,5).
7- Recevoir et vivre la paix (Jn 14,27) et la joie de Jésus (Jn 15,11).
8- Aimer Jésus et garder ses commandements pour faire de nous-même la demeure du Paraclet, de Jésus et du Père (Jn 14,15-23).
9- Vivre le commandement de l’amour pour que tout le monde reconnaisse un disciple de Jésus (Jn 13,34-35).
10- Garder courage devant les difficutés et la persécution, parce que Jésus a vaincu le monde hostile (Jn 16,33) et que  Prince de ce monde est jugé (Jn 16,11).

Si l’on accepte ce parcours et s’engage sur le chemin qui est Jésus lui-même (Jn 14,6), l’on peut surmonter les épreuves dans la vie. Satan avec son pouvoir n’est qu’une créature angélique de Dieu. Le pouvoir de Dieu (le Créateur) et celui de son Fils, Jésus Christ, sont infiniment supérieurs au pouvoir de Satan et des démons (les créatures de Dieu).

En entrant dans une relation interpersonnelle de plus en plus intime avec Jésus, le Fils de Dieu, chacun d’entre nous peut affirmer comme Paul l’a fait en Rm 8,38-39: “38 Oui, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, 39 ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur”./.




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